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I PREAMBULE
Depuis l’avènement de la grande sécheresse des
années 1973, la zone Sahélo-Saharienne est soumise à un processus de
dégradation continue.
Les populations de cette zone appartiennent à
différentes communautés dont l’élevage constitue l’activité
socioéconomique essentielle autour de laquelle gravitent les
productions agricoles, artisanales, commerciales.
Zone d’élevage par excellence avec un nombre
important de cheptel, les éleveurs pasteurs n’arrivent pas cependant
à tirer profit des potentialités de la sous-région en raison de
certaines contraintes d’ordre climatique, démographique,
organisationnelle et institutionnelle au nombre desquelles on peut
citer :
un taux élevé d’analphabétisme des populations
pastorales ;
l’insuffisance de formation et d’information
des éleveurs ;
la difficulté de reconnaître la mobilité des
animaux comme une technique de gestion durable des ressources
naturelles ;
la faible participation des Etats et de leurs
partenaires à l’organisation et à la promotion des groupements
d’éleveurs ;
la faiblesse des capacités des organisations
d’éleveurs qui ne peuvent constituer efficacement des groupes de
plaidoyer pour défendre leurs intérêts au niveau national et
sous-régional ;
la faiblesse des investissements pour le
développement de l’élevage : mise en valeur du foncier,
infrastructures de base, industries, organisation, formation et
information ;
l’enclavement de certaines zones d’élevage et
insuffisance de communication entre les organisations à
l’intérieur des Etats et dans la sous-région ;
des insuffisances dans l’organisation des
filières de commercialisation du bétail, de transformation, de
conservation et commercialisation des produits animaux ;
des insuffisances dans l’accès aux services de
base (intrants zoo-vétérinaires, éducation, santé, etc. ) ;
la non application de certains engagements
Inter-Etats en matière de circulation de personnes et des biens ;
les limites des organisations d’éleveurs à
répondre efficacement aux attentes des éleveurs en matière de
problèmes liés aux transhumances transfrontalières.
Toutes ces contraintes conjuguées ont des effets
désastreux sur les conditions de vie des éleveurs à savoir : la
paupérisation extrême, des conflits sanglants liés à l’exploitation
des ressources naturelles, des migrations et des rebellions.
C’est dans ce contexte particulièrement difficile
pour les petits producteurs, que des organisations faîtières :
TASSAGHT MALI ( vocable en langue tamachèque qui signifie lien ),
AREN ( Association pour la Redynamisation de l’Elevage au Niger ) et
CRUS ( Comité Régional des Unités de production du Sahel au Burkina
Faso ) ont initié des réflexions, des voyages d’études, des
rencontres sous-régionales traitant des thèmes d’intérêt commun. En
raison de la similitude de leur vision, objectifs et expériences,
ces organisations ( AREN/NIGER, CRUS/BF , TASSAGHT/MALI ) ont dans
un premier temps mis en place un cadre de partenariat pour mieux
partager leurs expériences avec l’appui de partenaires au
développement.
Ce partenariat ayant évolué sous forme
d’intégration des programmes avec des résultats positifs, les
partenaires ont convenu de créer une association des organisations
d’éleveurs pasteurs du Sahel pour mieux cibler les préoccupations
communes au niveau local, national et sous-régional et permettre une
synergie d’actions en intégrant d’autres organisations faîtières au
niveau national et sous-régional.
II CREATION
Le Réseau des Organisations d’Eleveurs Pasteurs
du Sahel ‘’ Billital Maroobé’’ est né à l’issue d’une assemblée
générale constitutive, tenue les 16 et 17 décembre 2003 à Dori. Son
siège se trouve à Dori , dans la province du Séno au Burkina Faso.
Il a été reconnu suivant le Récépissé N° 2004 215/MATD/SG/DGLPAP/DOASOC
du 29 avril 2004. Le réseau est apolitique, laïc, à but non lucratif
et ouvert.
III VISION
En Afrique, l’élevage mal vu et marginalisé est
celui des pasteurs, qui sont des gens mis à l’écart, victimes des
jugements négatifs dans lesquels les références au passé se mêlent
aux ostracismes du présent. BILLITAAL MAROOBE reconnaît qu’au delà
de ce regard, le pastoralisme est un choix de société et que
travailler pour l’avènement d’un développement pastoral durable est
un choix politique. Dans ces conditions, le développement passe par
un transfert réel des compétences au niveau des communautés à la
base à travers la formation et une bonne communication (
responsabilisation des pasteurs).
IV MISSIONS
BILLITAL MAROOBE se donne comme missions de
parvenir à une véritable sécurisation de l’économie pastorale en
suscitant et accompagnant toutes les initiatives ( individuelles ou
collectives) d’organisation et d’appropriation des innovations
techniques, en oeuvrant pour le rétablissement de l’équilibre
écologie - effectif du cheptel. D’autre part, il se fixe comme
mission également de lutter contre les ostracismes dont sont
victimes aujourd’hui les pasteurs et ceci afin de mieux contribuer à
la construction de l’intégration sous-régionale.
V OBJECTIFS
BILLITAL MAROOBE se fixe comme objectifs de :
-
intégrer les éleveurs dans le processus
d’élaboration des politiques nationales et sous - régionales de
développement de l’élevage ;
-
sécuriser l’élevage au Sahel par une saine et
équitable gestion des ressources naturelles essentielles que sont
: la terre, l’eau et les pâturages ;
-
promouvoir la position socio-économique des
femmes éleveurs au Sahel
-
renforcer les capacités des organisations
pastorales pour la défense des intérêts des pasteurs au Sahel.
VI SYSTEME ORGANISATIONNELLE
6.1.
COMPOSITION
Le Réseau regroupe des membres fondateurs, des
membres adhérents, et des membres d’honneur. Les organisations
faîtières faisant actuellement partie du Réseau sont :
le Comité Régional des Unités de Production du
Sahel (CRUS)/Burkina Faso ;
Tassaght/ Mali ;
l’Association pour la Redynamisation de
l’Elevage au Niger (AREN)/ Niger.
Le Réseau reste ouvert à toute adhésion pour les
organisations faîtières de la région et partageant la même vision
que lui.
6.2. ORGANES
Les organes de BILLITAL MAROOBE sont :
l’Assemblée Générale qui se réunit au moins une
fois par an ; elle peut être convoquée en session extraordinaire
chaque fois que le besoin se fait sentir ;
le Bureau de Coordination qui comprend six ( 06
) membres élus pour un mandat de trois ( 03 ) ans renouvelable ;
la commission de contrôle ;
les Antennes nationales qui jouent le rôle
d’interface entre les structures nationales membres et le Bureau
de Coordination.
Une cellule technique composée d'un coordinateur technique
appuyé par un assistant administratif et financier qui a pour
mission de l'exécution des activités du réseau, la conception
de programmes, les recherches de financement, l'élargissement du
Réseau et la mise en relation du Réseau avec d'autres réseaux
dans le secteur du pastoralisme.
VII RESSOURCES FINANCIERES
Les ressources financières du Réseau sont
constituées par :
les droits d’adhésion ;
les cotisation annuelles ;
les financements obtenus auprès des partenaires
;
les contributions des Etats des organisations
membres ;
les emprunts ;
les dons et legs.
VIII
PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS
BILLITAL MAROOBE entretient des relations avec
tous les services techniques chargés de l’élevage, de l’agriculture,
de l’environnement et de l’hydraulique des pays dont sont
originaires les organisations membres, mais également avec les
collectivités locales et l’administration déconcentrée.
Il bénéficie de l’appui financier et
technique des partenaires
suivants :
OXFAM / GB ;
NOVIB ;
Union Européenne ;
ACORD/Sahel 1.
IX ACTIVITES
BILLITAL MAROOBE bénéficie de la longue et riche
expérience des organisations faîtières membres fondateurs. Les
activités suivantes peuvent être mises à son compte :
élaboration et mise en œuvre du Programme
Pastoral Régional de l’Afrique de l’Ouest ( PPR/AO) ;
Appui au renforcement des capacités techniques
et organisationnelles des structures de base ;
recherche de débouchés pour les produits
animaux ;
lutte contre le vol du bétail dans la région du
Sahel ;
plaidoyer auprès des décideurs politiques ;
organisation de rencontres internationales sur
la transhumance transfrontalière ;
réalisation d’études et diagnostics sur les
contraintes de l’élevage au Sahel ;
réalisation d’infrastructures socioéconomiques
;
appui à l’atténuation des effets de l’invasion
des criquets pèlerins sur le bétail.
X STRATEGIE
favoriser l’émergence d’organisations
pastorales fortes et dynamiques ;
développer le leadership d’éleveurs ;
promouvoir une politique d’investissements
adaptés aux réalités du milieu pastoral ( puits pastoraux,
négociation de pâturages, parcs, …) ;
faire le plaidoyer pour influencer les
politiques en faveur de l’élevage ;
développer des mécanismes appropriés de
prévention et de gestion des conflits à l’échelle sous-régionale ;
renforcer le pouvoir d’achat des femmes
éleveurs ;
favoriser l’émergence d’un leadership féminin ;
intensifier les formations en faveur des
éleveurs ;
développer un partenariat d’alliance et
d’extension du réseau.
promouvoir une politique de renforcement des
capacités financières des organisations pastorales.
XI ATTENTES
BILLITAL MAROOBE est disponible et peut apporter
sa contribution
à la valorisation du savoir faire traditionnel
des éleveurs ;
lors des concertations et des consultations à
l’échelle nationale et sous-régionale.
Il attend également de partenaires que vous êtes
:
un appui technique et financier ;
un accès facile à l’information ;
son implication dans la mise en œuvre des
programmes sous-régionaux et nationaux.
XII CONCLUSION
BILLITAL MAROOBE est un outil d’intégration
économique, social et politique qui peut être mis au service de la
CEDEAO, l’UEMOA, le CILSS et l’ALG :
intégration économique par les activités
d’élevage qu’il mène qui sont une source de revenu et un moyen de
lutte contre la pauvreté ;
intégration social car il met en contact des
communautés de nationalités différentes, permet la concertation
permanente ; c’est un outil de dialogue social ;
intégration politique car il permet la mise en
exécution de certaines décisions, certaines conventions
internationales et certains principes tels que : la libre
circulation des personnes et des biens, le droit d’établissement,
les accords de transhumance.
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